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Installer une pompe immergée dans un puit, c’est tout à fait faisable soi-même. Il faut descendre la pompe au fond du puit, la connecter à un tuyau de refoulement et à un câble électrique, puis la raccorder à un pressostat et un ballon-tampon à l’intérieur. Comptez une demi-journée de travail si vous êtes un minimum à l’aise avec le bricolage. Voici comment faire ça proprement, étape par étape.

Une pompe immergée, comme son nom l’indique, plonge directement dans l’eau. Contrairement à une pompe de surface, elle n’a pas besoin d’aspirer l’eau de loin, ce qui évite les problèmes de désamorçage. Ce truc est magique dans les puits profonds, là où une pompe classique ne peut tout simplement pas monter l’eau.
Le principe est simple : la pompe est suspendue en bas du puit par le tuyau de refoulement. Elle pousse l’eau vers le haut au lieu de la tirer. Résultat, elle est beaucoup plus efficace et peut fonctionner à des profondeurs de plusieurs dizaines de mètres.
Avant de toucher quoi que ce soit, il faut connaître quelques informations essentielles sur votre puit : la profondeur totale du forage, la profondeur du niveau statique (la surface de l’eau au repos), le débit du puit (en m³/h ou litres par heure), et le diamètre du tubage, généralement entre 100 et 150 mm.
Si vous ne connaissez pas ces données, le foreur qui a réalisé le puit les a normalement notées dans un rapport de forage. Ce document est vraiment précieux pour la suite.
| Élément | Détail | Prix indicatif |
|---|---|---|
| Pompe immergée | Selon profondeur et débit souhaité | 150 € à 600 € |
| Tuyau PE haute pression | Ø 32 mm minimum, longueur = profondeur + 5 m | 1,5 à 3 €/m |
| Câble électrique immergeable | Section adaptée à la puissance de la pompe | 2 à 5 €/m |
| Pressostat | Réglable, souvent vendu avec le ballon | 20 à 50 € |
| Ballon-tampon | 8 à 24 litres pour usage domestique | 40 à 120 € |
| Clapet anti-retour | Souvent intégré à la pompe | 10 à 25 € |
| Colliers de serrage inox | Pour solidariser tuyau et câble | Quelques euros |
| Corde de sécurité inox | Câble inoxydable pour sécuriser la pompe | 1 à 3 €/m |
Personnellement, je conseille de tout acheter en une seule fois chez un spécialiste en pompage plutôt que dans une grande surface de bricolage. Les conseils sont meilleurs et vous évitez de repartir chercher une pièce manquante le lendemain.

C’est là que beaucoup de gens se trompent. On attrape la première pompe venue sans vérifier si elle correspond au puit. Rien de bien compliqué pourtant, il suffit de regarder trois choses.
La hauteur manométrique totale (HMT) correspond à la somme de la profondeur du puit, de la hauteur à monter jusqu’au point de livraison, et des pertes de charge dans le tuyau. C’est le paramètre le plus important pour dimensionner la pompe. En gros, si votre eau est à 30 m de profondeur et que vous devez la monter encore 10 m jusqu’à la maison, vous êtes à 40 m de HMT minimum, auxquels on ajoute 10 à 20 % pour les frottements dans le tuyau.
Le débit doit correspondre à vos besoins. Pour un usage domestique classique (arrosage, sanitaires, lavage), une pompe de 2 à 4 m³/h est généralement suffisante. Mais attention à ne pas dépasser le débit du puit lui-même, sinon vous risquez de pomper à sec.
Le diamètre de la pompe doit être inférieur au diamètre du tubage du puit. Une pompe de 4 pouces (environ 102 mm) passe dans un tubage de 125 mm, mais pas dans un de 100 mm. Vérifiez toujours avant d’acheter.
Avant de la glisser dans le puit, tout doit être préparé en surface. C’est bien plus simple de travailler à genoux sur l’herbe que les bras dans le vide au-dessus d’un trou.
Commencez par visser le tuyau de refoulement sur la sortie de la pompe. Utilisez du téflon ou du chanvre avec de la pâte d’étanchéité sur les filets. Serrez bien mais sans forcer au point de fissurer le plastique. Ensuite, raccordez le câble électrique à la pompe selon les instructions du fabricant. La plupart des modèles modernes ont un connecteur étanche intégré, c’est vraiment pratique.
Une fois le tuyau et le câble connectés, solidarisez-les ensemble avec des colliers inox tous les mètres environ. L’idée est que le tuyau supporte le poids de l’eau et un peu de la pompe, et que le câble ne pende pas librement dans le forage. On ajoute aussi la corde de sécurité inox attachée à l’anneau prévu sur la pompe et fixée en surface pour éviter de tout perdre dans le fond du puit. Cette corde, c’est vraiment l’assurance tous risques de l’installation.
C’est le moment qui impressionne un peu la première fois, mais pas d’inquiétude, c’est à la portée de tout le monde à condition d’être à deux. Une personne guide la pompe et l’autre déroule le tuyau tranquillement.
Descendez la pompe doucement, sans à-coups. Évitez de la frotter contre les parois du tubage pour ne pas abîmer le câble. La pompe doit s’arrêter à environ 1 à 2 mètres au-dessus du fond du puit. Cette distance évite d’aspirer le sable et les sédiments qui se déposent en bas.
Une fois à la bonne profondeur, le tuyau et la corde de sécurité sont fixés à la tête de puit. La tête de puit, c’est la pièce qui ferme le forage en surface et par laquelle passent le tuyau et le câble. Elle est importante car elle empêche les insectes, les petites bêtes et l’eau de surface de contaminer le puit. Ne négligez pas cette pièce, elle est capitale pour la qualité de l’eau.
Le tuyau qui sort du puit rejoint le réseau intérieur. Dans un monde parfait, il passe sous le sol en traversant la fondation de la maison pour arriver dans un local technique ou une chaufferie. Dans la réalité, on fait souvent un passage à travers le mur avec un fourreau en PVC.
La configuration classique à l’intérieur suit cette logique : le tuyau venant du puit arrive sur le pressostat, qui est raccordé au ballon-tampon, lequel alimente le réseau de la maison. Le ballon-tampon stocke une petite quantité d’eau sous pression. Cela évite que la pompe démarre et s’arrête toutes les cinq secondes à chaque petite demande. Sans lui, la pompe vieillirait très vite.
Je vais être direct : si vous n’êtes pas à l’aise avec l’électricité, cette partie est à confier à un électricien. Une pompe immergée, c’est du 230 V dans de l’eau. Le risque zéro n’existe pas si le câblage est mal fait.
Cela dit, le raccordement en lui-même n’est pas très complexe. La pompe doit être alimentée par un circuit dédié avec un disjoncteur différentiel 30 mA obligatoire. Ce différentiel coupe le courant en cas de fuite, ce qui est la sécurité de base pour tout circuit humide.
Le câble immergeable que vous avez descendu dans le puit remonte jusqu’à un coffret de protection où se trouve généralement le boîtier de démarrage de la pompe, surtout pour les modèles triphasés ou les pompes avec démarrage progressif. Sur les petites pompes monophasées domestiques, on se contente souvent du pressostat directement.
La mise à la terre de la pompe est obligatoire. Le câble trois fils (phase, neutre, terre) descend jusqu’à la pompe et la connexion de terre sur le connecteur doit impérativement être reliée à la terre du tableau électrique.
Avant de lancer la pompe, vérifiez que le ballon-tampon est gonflé à la bonne pression. La pression de pré-gonflement à vide doit être inférieure d’environ 0,2 bar à la pression d’enclenchement du pressostat. Par exemple, si le pressostat s’enclenche à 2 bars, le ballon doit être pré-gonflé à 1,8 bar à l’air avec un simple manomètre de vélo.
Le pressostat se règle généralement avec deux ressorts internes. Le ressort principal fixe la pression d’enclenchement, le second règle l’écart entre l’enclenchement et le déclenchement. Les réglages d’usine (souvent 1,5 bar / 2,5 bars) conviennent pour la plupart des usages domestiques, pas besoin de toucher à quoi que ce soit dans un premier temps.
Pour le premier démarrage, ouvrez un robinet en bout de réseau avant de mettre sous tension. Cela permet de purger l’air dans le tuyau de refoulement. La pompe va démarrer, l’eau va monter progressivement, et après quelques secondes vous allez voir l’eau couler. Fermez le robinet, la pression monte, la pompe s’arrête. Le plus dur est fait.
Après ce premier test, vérifiez qu’il n’y a aucune fuite sur les raccords et que la pompe se remet bien en route quand vous ouvrez à nouveau un point d’eau. Si tout fonctionne, vous pouvez refermer la tête de puit et ranger vos outils.
À quelle profondeur faut-il placer la pompe dans le puit ? La pompe doit être immergée d’au moins 1 mètre sous le niveau dynamique (le niveau de l’eau en fonctionnement) et à 1 à 2 mètres du fond pour éviter d’aspirer des sédiments. En pratique, on la place souvent à mi-puit ou aux deux tiers de la profondeur totale.
Peut-on installer soi-même une pompe immergée sans plombier ni électricien ? Oui, pour la partie plomberie et mécanique. La descente de la pompe et les raccordements hydrauliques sont accessibles à un bricoleur organisé. En revanche, le câblage électrique est à confier à un électricien si vous n’avez pas les bases, surtout pour le raccordement au tableau et la mise à la terre.
Combien de temps dure une pompe immergée ? Une pompe de qualité correctement installée dure généralement entre 10 et 20 ans. Les ennemis d’une pompe immergée sont le sable en suspension qui abrase les turbines, le fonctionnement à sec si le niveau du puit baisse trop, et les démarrages trop fréquents, d’où l’importance du ballon-tampon.
Mon puit est peu profond (moins de 8 mètres), ai-je besoin d’une pompe immergée ? Pas forcément. Une pompe de surface ou une électropompe à jet peut suffire pour des profondeurs inférieures à 7 ou 8 mètres. La pompe immergée devient incontournable au-delà. Pour les puits peu profonds avec un bon débit, les pompes de surface sont souvent moins chères et plus faciles à entretenir.
Faut-il déclarer l’installation d’une pompe immergée ? En France, tout forage à usage domestique de plus de 10 m³ par an doit être déclaré en mairie via le formulaire Cerfa n°13837. Si vous prélevez moins que ça, aucune démarche n’est requise. Renseignez-vous également auprès de votre commune pour savoir si des arrêtés locaux s’appliquent à votre secteur.
Comment protéger la pompe contre le tarissement du puit en été ? Il existe des sondes de niveau (flotteurs ou sondes à électrodes) qui coupent automatiquement l’alimentation de la pompe si le niveau de l’eau descend trop bas. C’est un accessoire vraiment utile si votre puit a un débit limité ou si vous êtes dans une zone sujette à la sécheresse estivale.